Regarder le programme de télévision favori directement sur son mobile ? C’est déjà possible ailleurs, mais cela pourrait également être le cas bientôt en Algérie pour peu que la 3G soit effective. L’entreprise espagnole createcna, leader mondial dans le domaine de l’innovation et du développement technologiques pour le secteur de la diffusion Internet et la téléphonie mobile, se propose d’être un fournisseur à part entière de cette solution. Compagnie jeune mais ambitieuse, createcna compte à son actif quelques prouesses qu’elle est la seule à avoir réalisées au niveau mondial. Aujourd’hui, elle veut déployer son savoir-faire en Algérie pour faire profiter les entreprises locales de certaines solutions testées avec succès dans d’autres pays. Le P-DG de la compagnie, M. Javier Petrenas Tamayo, que nous avons récemment rencontré à Alger lors d’un voyage de prospection, a bien voulu nous livrer dans cet entretien ses impressions sur le marché algérien, ses atouts pour s’y installer et les voies pour s’y développer...
Pouvez-vous nous présenter votre entreprise ?
Javier Petrenas Tamayo : CREATCENA est une entreprise qui a été créée il y a 5 ans pour le monde de la télévision avant de commencer à se développer en fonction des besoins des sociétés de télécommunications. C’est la première société dans le monde à avoir réussi à transmettre en direct sur un téléphone mobile une course de formule 1. C’est aussi la première dans le monde à avoir réussi à transmettre en utilisant un téléphone mobile et en temps réel l’information sur un écran de télévision grâce à sa solution 3G Mobile Studio. La société développe également des solutions pour l’archivage, pour la gestion et la distribution de contenus, ainsi que des services de consultant technologique. Nous avons notamment développé une solution que nous avons appelée Scriptor qui permet d’enregistrer, de consulter de manière automatique et de retrouver des contenus audiovisuels diffusés. Cette solution offre l’avantage de réduire les coûts en éliminant l’usage de bandes pour les copies légales. Pour le monde de la presse, nous avons par ailleurs crée le Morning Café qui est une plate-forme multimédia automatique de publication de contenus web.
Nous sommes déployés dans plusieurs pays comme les Etats-Unis, la France, l’Italie, l’Allemagne et le Portugal où nous sommes partenaires des chaînes de télévision, mais aussi des compagnies de télécommunications et autres.
Vous venez d’achever un séjour de trois jours en Algérie. Peut-on savoir ce que représente pour vous le marché algérien ?
Nous voudrions nous y introduire et nous cherchons des partenaires technologiques pour travailler en équipe. Nous ne recherchons pas uniquement des représentants mais plutôt des associés technologiques pour développer note compagnie en partenariat avec des entreprises locales. Nous savons que l’Algérie va dans quelque temps adopter la 3G et ce jour-là, nous serons prêts pour être le partenaire qui va accompagner les institutions et les compagnies dans l’adoption de cette nouvelle technologie. Nous avons bon espoir de travailler dans ce pays car nous voyons comment il se développe.
Quels types de sociétés pourraient constituer vos partenaires
en Algérie ?
Nous avons, durant notre séjour, pu rencontrer beaucoup d’entreprises que nous avons jugées très intéressantes parmi lesquelles des fournisseurs d’Internet, de voix sur IP, de télédiffusion et des sociétés de télécommunication. Nous ne voulons pas être perçus simplement comme des vendeurs de logiciels, mais nous voulons que nos partenaires potentiels puissent découvrir nos produits et qu’ils soient intéressés pour les appliquer pour leur propre développement.
Votre entreprise mise beaucoup sur la 3G dont on ne connaît pas encore la date de lancement en Algérie. Quelle voie comptez-vous donc emprunter en Algérie, en attendant le lancement de la 3G ?
La 3G constitue seulement une corde à notre arc et nous avons beaucoup d’autres produits à proposer au marché algérien. Pour l’instant, nous avons effectué une visite de prospection qui, du reste, nous satisfait beaucoup. Les entreprises que nous avons rencontrées se sont montrées très réceptives à notre technologie et je crois que dans peu de temps les promesses qu’elles nous ont faites vont se réaliser. Nous les avons invitées à venir à Madrid pour se rendre compte concrètement de ce que nous sommes en mesure de faire et si elles ne viennent pas, c’est nous qui reviendrons ici pour faire démonstration de tous nos produits.
Si la 3G ne fonctionne pas, nous trouverons un autre axe. En tout état de cause, même si nous n’avons pas de réponses favorables, nous comptons quand même revenir en Algérie car ce pays constitue à moyen et long terme un pont dans notre stratégie tendant à capter des clients dans les pays voisins. Mais, pour le moment, la priorité pour nous est de nous implanter sur le marché algérien et nous n’avons aucune intention d’aller chercher ailleurs.
Vous voulez dire que l’Algérie sera une plate-forme qui vous permettra d’accéder au marché maghrébin et nord-africain ?
Nous pensons effectivement que l’Algérie doit être cette plate-forme. Si nous mettons un pied ici, ce sera plus facile d’accéder à d’autres pays puisque nous aurons déjà nos partenaires technologiques sur place au lieu d’aller les chercher en Espagne.
CREATECNA compte parmi ses partenaires beaucoup de chaînes de télévision. Si ce type de partenariat est développé en Algérie, que pourrait-il rapporter à l’ENTV ?
Avec notre entreprise, la télévision algérienne pourrait notamment avoir la possibilité de diffuser des programmes en temps réel sur téléphone mobile grâce à la solution 3G Broadcaster qui permet une diffusion en direct non seulement sur le mobile mais également sur Internet. Cette solution est une application de numérisation et d’optimisation des signaux audio et vidéo standard pour les transmettre aux équipements compatibles avec le réseau 3G.
Vos solutions sont essentiellement basées sur les nouvelles technologies.
Croyez-vous que le marché algérien soit suffisamment mûr pour les absorber ?
Oui. Je crois sincèrement qu’il est en mesure de le faire. Vous avez un marché qui progresse constamment et c’est un élément qui permet d’être confiant.
Vous êtes vous fixé comme objectif de faire votre entrée sur le marché algérien dès cette année ?
Je pense que nous pouvons le faire. Nous n’attendons pas de voir comment le pays va évoluer. Pour nous, le moment est propice quel que soient les contraintes et les difficultés. Cela ne va pas nous empêcher d’entrer sur le marché et d’y travailler. C’est pour cela que nous avons déjà invité les entreprises que nous avons rencontrées à venir à Madrid afin qu’elles se rendent compte de ce que nous pouvons faire et à partir de là, nous envisagerons tous les accords qu’il y a lieu de réaliser.
Quelle part pensez-vous que l’Algérie pourra à terme représenter dans le volume de vos affaires ?
Il est difficile de le dire pour le moment. L’Algérie n’a qu’une seule chaîne de télévision et ne possède pas de chaînes régionales. Dans l’immédiat, les seuls partenaires avec qui nous pouvons discuter sont les sociétés de télécommunication, d’Internet et de télédiffusion. Nous ne pouvons donc pas anticiper sur ce que seront les affaires. Notre objectif, pour le moment, est de convaincre que nous sommes les meilleurs.