Algérie : Privatisation, gestion des EPE, stratégie industrielle... Temmar a repris le pouvoir

Posté par khaled le 14/4/2008 15:38:48

Hamid TemmarDans un décret exécutif daté du 25 mars 2008, publié au Journal officiel, Hamid Temmar, ministre de l'Industrie, des participations et de la promotion des investissements a regagné des prérogatives qu'il semblait avoir perdues un mois plus tôt.

Cette «perte de pouvoir» dans le domaine des privatisations avait été énoncée le 16 février dernier à l'issue d'une réunion du Conseil des participations de l'Etat, présidé par le Chef du gouvernement, qui a décidé de la réorganisation -une de plus - de la «gestion des capitaux marchands de l'Etat». Recevant les directoires des sociétés de gestion de participation, le Chef du gouvernement leur a signifié que les assemblées générales des SGP seront présidées par les tutelles de leur propre secteur. Le ministère de Temmar présidant traditionnellement ces assemblées générales, il en a été conclu que le pilotage de la privatisation changeait de main.


Hamid Temmar, en tant que ministre de l'Industrie, conservait la direction des privatisations dans son secteur, mais les autres ministres, transport... etc, reprenaient leurs prérogatives sur les entreprises dans leurs secteurs respectifs. La lecture qui a prévalu est que cette redéfinition partait d'un constat d'échec de la mise en oeuvre d'une politique de privatisation où le ministère de Temmar assurait la tutelle de fait sur les 27 SGP, les holdings qui détiennent le capital des entreprises publiques.

Hamid Temmar, le «M. privatisation», «l'homme du président», dépouillé de ses prérogatives et en perte de vitesse ? Lui-même contestait avec assurance cette lecture. «Les SGP n'ont pas été retirées à mon ministère. Les SGP sont des sociétés par actions, et dans toute société par actions, publique ou privée, l'organe essentiel de base est l'assemblée générale. L'ordonnance 01/04 qui a créé le système actuel ne dit pas qui doit présider ces assemblées. Mais par habitude, une bonne partie de ces assemblées étaient présidées par le ministère de l'Industrie et de la Promotion des investissements. Nous avons décidé, pour être plus efficaces, que dorénavant, les assemblées générales seront présidées par le ministre sectoriel concerné ». Il faisait valoir que 70 % des entreprises concernées relevaient de l'industrie dont il a la charge. Bref, on ne lui a rien enlevé..

                                                                     Maître à bord

Le Décret exécutif n° 08-100 du 25 mars 2008 fixant les attributions du ministre de l'Industrie et de la promotion des investissements signé par Abdelaziz Belkhadem le conforte totalement. On peut même dire qu'il gagne des galons sur le secteur économique hors hydrocarbures, puisqu'il est chargé « d'élaborer et de proposer la politique de gestion des participations de l'Etat dans le secteur public marchand », d'élaborer « la stratégie, le programme d'ouverture du capital et de privatisation des entreprises publiques et de veiller à leur mise en oeuvre... Il est en charge du programme de mise à niveau des entreprises, de prendre toutes mesures de nature à promouvoir et mobiliser l'investissement et de veiller à leur application... La liste est longue... Sur la privatisation des entreprises publiques, par exemple, Hamid Temmar est chargé d'estimer la valeur de l'entreprise ou des actifs à céder, de proposer le programme d'ouverture du capital et de privatisation des EPE et des modalités et conditions de leur transfert, de s'assurer que la mise en oeuvre, dans le cadre du programme de la privatisation, de la préservation des intérêts de la nation, de l'entreprise et de l'Etat. Bref, celui qui aurait perdu ses pouvoirs en février car il en avait trop en reprend davantage en mars. Il est maître à bord pour toute l'économie algérienne hors hydrocarbures. Les tutelles qui, selon l'annonce de février, semblaient avoir repris en main la destinée des entreprises de leurs secteurs respectifs restent bien sous la supervision d'un ministre des Participations dont les pouvoirs élargis sont désormais codifiés par décret.

Format imprimable Envoyer cet article à un ami Créer un fichier PDF à partir de cet article

Les commentaires appartiennent à leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.


Connexion

Menu principal